Anton Tchekhov – La Dame au petit chien (2/1)

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Anton Tchekhov est né en 1860 à Taganrog. Il est considéré comme l’un des plus grands conteurs de l’histoire de la littérature mondiale; au cours de 26 ans du travail créatif, il a écrit environ 900 ouvrages différents. Pendant la majeure partie de sa carrière littéraire, Tchekhov pratiquait comme un médecin: «La médecine est ma femme légitime», dit-il une fois «, et la littérature est ma maîtresse.»

Aujourd’hui, dans la catégorie “Texte en russe”, nous lisons el seconde chapitre de son histoire courte «La dame au petit chien» (on peut trouver la première partie ici: La dame au petit chien, partie 1). Nous avons divisé ce chapitre en deux parties.

La transcription complète avec la traduction et l’audio sont disponibles.

* Dans certains endroits, la traduction littéraire, que nous avons trouvée dans les sources ouvertes, diffère beaucoup de l’original.


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Прошла неделя после знакомства. Был праздничный день. В комнатах было душно, а на улицах вихрем носилась пыль, срывало шляпы. Весь день хотелось пить, и Гуров часто заходил в павильон и предлагал Анне Сергеевне то воды с сиропом, то мороженого. Некуда было деваться. Une semaine s’était écoulée depuis le jour où ils avaient fait connaissance.
C’était un jour de fête. Il faisait lourd dans les chambres et dehors le vent soulevait des tourbillons de poussière, emportait les chapeaux. Continuellement on avait soif et Goûrov entrait souvent au pavillon où il offrait à Ânna Serguièiévna du sirop ou des glaces. On ne savait où se réfugier pour échapper à la chaleur.
Вечером, когда немного утихло, они пошли на мол, чтобы посмотреть, как придет пароход. На пристани было много гуляющих; собрались встречать кого-то, держали букеты. И тут отчетливо бросались в глаза две особенности нарядной ялтинской толпы: пожилые дамы были одеты как молодые и было много генералов. Le soir, quand il commença à faire frais, ils se rendirent sur la jetée à l’arrivée d’un bateau. Il y avait beaucoup de monde au débarcadère. On était venu attendre quelqu’un, on tenait des bouquets. Et, une fois de plus, on remarquait cette double particularité de Iâlta : les dames âgées y étaient habillées comme les jeunes et il y avait beaucoup de généraux.
По случаю волнения на море пароход пришел поздно, когда уже село солнце, и, прежде чем пристать к молу, долго поворачивался. Анна Сергеевна смотрела в лорнетку на пароход и на пассажиров, как бы отыскивая знакомых, и когда обращалась к Гурову, то глаза у нее блестели. Она много говорила, и вопросы у нее были отрывисты, и она сама тотчас же забывала, о чем спрашивала; потом потеряла в толпе лорнетку. La mer étant agitée, le bateau arriva tard après le coucher du soleil. Il louvoya longtemps avant d’aborder. Ânna Serguièiévna regardait avec son face-à-main le bateau et les passagers, comme pour chercher les visages de connaissance. Quand elle se tournait vers Goûrov, ses yeux brillaient. Elle parlait beaucoup ; ses questions étaient saccadées, et elle oubliait aussitôt ce qu’elle venait de demander. Finalement elle perdit son face-à-main dans la foule.
Нарядная толпа расходилась, уже не было видно лиц, ветер стих совсем, а Гуров и Анна Сергеевна стояли, точно ожидая, не сойдет ли еще кто с парохода. Анна Сергеевна уже молчала и нюхала цветы, не глядя на Гурова. La foule pimpante se dispersait ; on ne distinguait déjà plus les visages. Le vent était complètement calmé. Goûrov et Ânna Serguièiévna s’attardaient comme s’ils eussent attendu quelqu’un qui allait descendre du bateau. Ânna Serguièiévna se taisait maintenant, humait un bouquet de fleurs, sans regarder Goûrov.
– Погода к вечеру стала получше, – сказал он. – Куда же мы теперь пойдем? Не поехать ли нам куда-нибудь?
Она ничего не ответила.
– Il fait meilleur maintenant, dit-il. Allons-nous quelque part ? Voulez-vous faire une promenade en voiture ?
Elle ne répondit rien.
Тогда он пристально посмотрел на нее и вдруг обнял ее и поцеловал в губы, и его обдало запахом и влагой цветов, и тотчас же он пугливо огляделся: не видел ли кто?
– Пойдемте к вам… – проговорил он тихо.
И оба пошли быстро.
Alors il la regarda fixement et, tout à coup, la prenant dans ses bras, il la baisa sur la bouche. Il perçut le parfum et la fraîcheur des fleurs. Il regarda furtivement autour de lui, craignant qu’on ne l’eût vu.
– Allons chez vous… lui dit-il tout bas.
Et ils se mirent à marcher vite.
У нее в номере было душно, пахло духами, которые она купила в японском магазине. Гуров, глядя на не теперь, думал: “Каких только не бывает в жизни встреч!” От прошлого у него сохранилось воспоминание о беззаботных, добродушных женщинах, веселых от любви, благодарных ему за счастье, хотя бы очень короткое; и о таких, – как, например, его жена, – которые любили без искренности, с излишними разговорами, манерно, с истерией, с таким выражением, как будто то была не любовь, не страсть, а что-то более значительное; и о таких двух-трех, очень красивых, холодных, у которых вдруг промелькало на лице хищное выражение, упрямое желание взять, выхватить у жизни больше, чем она может дать, и это были не первой молодости, капризные, не рассуждающие, властные, не умные женщины, и когда Гуров охладевал к ним, то красота их возбуждала в нем ненависть, и кружева на их белье казались тогда похожими на чешую. Dans sa chambre il faisait chaud ; des parfums qu’elle avait achetés dans un magasin japonais s’exhalaient. Goûrov la regardait, songeant aux rencontres que l’on fait dans la vie. Il se souvenait, dans son passé, des femmes insouciantes, que l’amour rendait gaies, reconnaissantes du bonheur qu’il leur avait donné, même quand ce bonheur avait été très court. Il se souvenait d’autres femmes, comme la sienne, qui aimaient sans sincérité, avec de grandes phrases et des mines affectées et hystériques, comme s’il s’agissait de choses autrement importantes encore que d’amour et de passion. Il se souvenait de deux ou trois autres femmes, très belles et froides, dont le visage exprimait soudain une véritable férocité, un désir obstiné de prendre, d’arracher à la vie plus qu’elle ne peut donner. Ce n’était plus des êtres de première jeunesse, mais des femmes capricieuses, autoritaires, peu intelligentes, incapables de raisonner. Quand Goûrov se refroidissait à leur sujet, leur beauté éveillait en lui une sorte de haine, et les dentelles de leur linge lui semblaient des écailles de poisson.
Но тут все та же несмелость, угловатость неопытной молодости, неловкое чувство; и было впечатление растерянности, как будто кто вдруг постучал в дверь. Анна Сергеевна, эта “дама с собачкой”, к тому, что произошло, отнеслась как-то особенно, очень серьезно, точно к своему падению, – так казалось, и это было странно и некстати. У нее опустились, завяли черты и по сторонам лица печально висели длинные волосы, она задумалась в унылой позе, точно грешница на старинной картине. Au lieu de cela, dans la jeune femme, le manque de hardiesse, la gaucherie de la jeunesse inexpérimentée, un sentiment de gêne. Et tous deux restaient inquiets, comme si on allait tout à coup frapper à la porte. Ânna Serguièiévna, la « dame au petit chien », prit d’une façon particulière ce qui venait d’arriver. On sentait qu’elle se regardait à présent comme une femme déchue, et cela semblait étrange et intempestif. Ses traits étaient tirés et comme flétris, ses longs cheveux pendaient aux deux côtés de son visage, et elle restait pensive, accablée comme la pécheresse d’une vieille image.
– Нехорошо, – сказала она. – Вы же первый меня не уважаете теперь. – C’est mal, dit-elle ; vous serez le premier à me mépriser maintenant.
На столе в номере был арбуз. Гуров отрезал себе ломоть и стал есть не спеша. Прошло по крайней мере полчаса в молчании. Goûrov coupa une tranche d’une pastèque, qui était sur la table, et ne répondit rien.
Une demi-heure passa en silence.
Анна Сергеевна была трогательна, от нее веяло чистотой порядочной, наивной, мало жившей женщины; одинокая свеча, горевшая на столе, едва освещала ее лицо, но было видно, что у нее нехорошо на душе. Ânna Serguièiévna était touchante ; la pureté d’une honnête femme qui a très peu vécu émanait d’elle. Une seule bougie, posée sur la table, éclairait à peine ses traits, mais on devinait qu’elle souffrait en son âme.
– Отчего бы я мог перестать уважать тебя? – спросил Гуров. – Ты сама не знаешь, что говоришь.
– Пусть бог меня простит! – сказала она, и глаза у нее наполнились слезами. – Это ужасно.
– Ты точно оправдываешься.
– Pourquoi cesserais-je de t’estimer ? lui demanda Goûrov ; tu ne songes pas à ce que tu dis.
– Que Dieu me pardonne ! dit-elle ; et ses yeux se remplirent de larmes. Cela ne m’arrivera jamais plus, je le jure.
– On dirait que tu te justifies.
Russian Pod 101
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